5 réflexions au sujet de « Forme 1 – Plantule »

  1. Clairière d’après

    Où le craquement sec
    multiplié se meut
    dans l’espace limpide et froid
    d’entre deux troncs
    le poids de l’air refuse
    la portée de la feuille

    C’est le déplacement
    d’un gravier sans rivière
    sinon que là-haut
    ces quelques nuages immobiles
    qui roulent
    un grain
    de sable blanc

    Parfois une brise
    d’avant le pas craque comme
    la lente diagonale
    ciselée par le cri

    D’autre au loin ce fouillis
    vertical que mange
    la cendre

    et soudain nuit
    ponctue
    par la flambée d’une branche

     

  2. « Ceci n’est pas »

    Nymphe avant son imago, « Plantule » est un nom immotivé. Tout aussi avantageux « Le bain d’Athéna », « Body Snatcher », ou « Invasion ». (Que penser de « Next Generation » ?) Puisqu’elle est pupe, et pupe ou pas demeurera, vraisemblablement transitoire, une seule station de la Forme ne peut prétendre à l’état parfait. Pupe ou au-delà, comme le devin Tirésias se métamorphosant, il s’agirait alors de lui trouver un nom en devenir. Or un nom en devenir existe-t-il ailleurs que nulle part ? Nous le voyons possiblement dans la clarté d’un refus de qualification : simple station dans un ensemble, une Forme ou une autre est arbitrairement qualifiée au moyen d’un nom. (Question : « Où est ce nulle part ? ») « REV A » va d’ailleurs comme un gant, qui correspond aux trois dernières lettres du numéro de la carte : « NOKIA 2002 / N825615007 REV A. » À vérifier si la nymphe acceptera un tel gant. (Rappelons que son état est le deuxième stade de l’évolution d’un insecte entre une larve et l’état parfait.) Ceci n’est donc pas de l’hydrogénosilicate de magnésium, et pas non plus un rhizome de bruyère blanche (Erica arborea).

  3. Sphère

    Ouvrir les mains
    largement
    les écarter

    embraser

    pour embrasser les paupières pulvérulentes
    de la cendre

    Refus du feu
    du mot bois sec
    celui qui écrit
    crève – d’être là ombre – et
    sa faillite est
    image

    Ou s’il est en pèlerinage
    d’un mot bois mort
    cette façon d’accréditer
    l’accueil
    immensément l’émeut

    Avant
    que l’oiseau
    du front
    l’avale
    ou le nie
    hors
    l’espace
    des bras

    Craquement
    sphère
    attentif
    éteint

     

     

     

     

     

     

  4. « Et dans ces milliards en étendues de la mer, il y avait eu des milliards de respirations mornes, sous le soleil, sous la lune ou sous un crachin triste, sans personne sur Terre, et grand-papa Poisson aux écailles imbriquées se risquant un beau soir sur le sable à marée descendante pour apprendre à respirer… »
    Jean Amila, La lune d’Omaha.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *